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La Saint-Valentin interdite: lorsque le rouge tourne au noir

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Dans plusieurs pays, des groupes religieux ou politiques radicaux se livrent à une véritable guerre contre Cupidon et la rose rouge depuis quelques années. La Saint-Valentin est pour eux une journée noire, qu'il faudrait bannir à jamais.

En Arabie Saoudite, célébrer la Saint-Valentin est l'équivalent d'un crime aux yeux de la police religieuse du pays. Cette police, composée de 3500 agents, arpente les rues, peu avant le 14 février, afin de trouver des fautifs, des commerçants qui oseraient vendre des roses rouges et des produits de la Saint-Valentin.

Depuis une dizaine d'années, certains fleuristes et commerçants se font arrêter et d'autres vandaliser pour avoir offert dans leur boutique des boîtes de chocolats en cœur, des cartes et autres cadeaux de la Saint-Valentin.

La police religieuse publie également dans les journaux des avertissements pour signaler à la population que des sanctions seront émises à quiconque participerait aux célébrations de la Saint-Valentin, une fête qui va à l'encontre de la Charia.

Les autorités religieuses du pays encouragent les musulmans à ne pas célébrer les fêtes non musulmanes, spécialement la Saint-Valentin, puisqu'elle encouragerait les relations immorales entre hommes et femmes non mariés. En Arabie Saoudite, les hommes et les femmes non mariés et n'appartenant pas à la même famille vivent de façon complètement isolée les uns des autres.

Malgré tout, certains Saoudiens arrivent à défier la loi religieuse en fêtant la Saint-Valentin en cachette.

Comme le rapporte le Los Angeles Times, un véritable marché noir de la rose rouge s'est développé en Arabie Saoudite chez certains marchands qui ne craignent pas de prendre des risques. Le prix d'une rose rouge, vendue illégalement pour le 14 février, grimpe de 1,30 $ à 8 $.

En Inde, la Saint-Valentin indispose depuis quelques années le Shiv Sena, l'aile droite du parti indien nationaliste extrémiste. Des partisans du Shiv Sena, aussi appelé l'Armée de Shivaji, brûlent des cartes et affiches de la Saint-Valentin, piétinent des roses et scandent des slogans lors de manifestation contre la fête de l'amour, qu'ils perçoivent comme une intrusion de la culture occidentale au sein des valeurs indiennes.

Cependant, depuis l'an dernier, le Shiv Sena a calmé ses ardeurs contre la Saint-Valentin. On soupçonne le parti de vouloir se montrer soudainement plus libéral pour rejoindre la jeunesse, une cible politique importante, en vue des prochaines élections au pays.

Au Pakistan, le rouge tourne au noir chaque année sur les places publiques de quelques villes du pays, alors que des symboles de la Saint-Valentin y sont brûlés en grand nombre. La Saint-Valentin, qui a gagné en popularité récemment au Pakistan, soulève l'ire des groupes islamiques extrémistes.

L'an dernier l'Iran a commencé à interdire la production de cadeaux de Saint-Valentin et à bannir toutes célébrations de cette fête qui est considérée comme immorale et contraire aux valeurs musulmanes.

En Malaisie, où l'islam est la religion d'État, célébrer la Saint-Valentin est aussi mal vu. L'an dernier, une importante campagne anti-Saint-Valentin a eu lieu le 11 février à Putrajaya, pour rappeler aux musulmans que cette fête n'est pas une pratique islamique. Leur slogan, inscrit sur des cartes en forme de cœur brisé, indiquait: «Attention au piège de la Saint-Valentin».

Selon Point de Bascule.ca, un site indépendant canadien qui publie quotidiennement des articles concernant l'islam radical dans le monde, la Mauritanie, les Maldives et l'Égypte sont trois autres pays où les amoureux de la Saint-Valentin risquent de devoir fêter en catimini dans les années à venir, en raison des pressions de groupes islamiques extrémistes qui se font de plus en plus pesantes.

Sira Chayer

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