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Lointaines origines de la Saint-Valentin

coeur du temps

Qu’on ne s’y trompe pas! Malgré le label empreint de sainteté, la fête de la Saint-Valentin semble avoir pour origines les fêtes romaines païennes des Lupercales. Celles-ci étaient célébrées annuellement le 15 février, en l’honneur du dieu pastoral Faunus, protecteur des bergers et des troupeaux, appelé aussi Lupercus (le loup).

Vouées à assurer la fertilité de la terre, elles étaient, de ce fait, indissociables de l’imagerie sexuelle, les Hommes et la nature étant soumis aux mêmes lois et aux mêmes vicissitudes.

C’est donc dans la grotte de Lupercal, sur les flancs du mont Palatin, une des sept collines de Rome où la louve avait allaité les jumeaux fondateurs de la ville, que fut égorgé un bouc par douze prêtres. Les Luperques, vêtus de peaux de ces bêtes, s’en allèrent ensuite parcourir les rues de Rome, frappant les femmes avec des lanières de peaux de bouc, dans un geste de purification, destiné à les rendre fécondes. Les célébrations se terminaient enfin par un banquet qui ne devait pas être exempt de débordements orgiaques.

En 496, le pape Gélase Ier, d’origine berbère, né en Kabylie, interdit cette fête et ses anciens cultes agraires. L’Eglise récupéra donc cette célébration, comme elle le fit pour de nombreux rites païens en les plaçant sous la protection d’un saint. C’est le prêtre Valentin de Terni, supplicié en 268, qui fut alors choisi comme saint patron présidant cette journée de fête de l’Église catholique.

Dans «Vie des Saints pour tous les jours de l’année», l’abbé L. Jaud rapporte que le moine Valentin, lequel vivait en cette période de persécution romaine contre les chrétiens sous le règne de l’empereur Claude II, avait déclaré devant un juge qui lui demandait ce qu’il pensait de Jupiter et de Mercure «qu’ils ont été des misérables et qu’ils ont passé toute leur vie dans la débauche et le crime».

l'amour à la saint Valentin

Mais il semble que, durant le Moyen-âge, le jour de la Saint-Valentin n’était pas associé à l’amour. Ce n’est probablement que depuis le XVe siècle que notre martyr s’illustra comme le saint patron des amoureux. 

La légende tisse, à ce titre, une jolie histoire entre Valentin et la fille de son geôlier, nommée Julia, aveugle de naissance, éprise de notre saint qui lui décrivait le monde extérieur, jusqu’à sa guérison miraculeuse. A sa mort, elle aurait planté un amandier, près de sa tombe, devenu l’emblème des amoureux…

Et voici comment une fête, à l’origine païenne, fut récupérée par l’Eglise, avant d’être placée aujourd’hui, signe des temps, sous la houlette du dieu Bizness.

Mouna Hachim, écrivain-chercheur





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