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Les lupercales la fête populaire

satyre

L’arrivée du printemps offrait aux Romains l’occasion  de faire des oblations et des immolations  à leurs dieux. Le mois de février étant vu comme  le mois de la purification et des expiations, la population se  livrait  à toute une série de pratiques religieuses  se formalisant par des  rituels  d’honoration à leurs divinités infernales, que nous restituons sous une forme corrompue  à travers le « carnaval » mêlant plusieurs cérémonies ayant lieu à cette époque.

La fête des amoureux, aujourd’hui la saint Valentin, procède de l’une de ces fêtes du mois de février : les Lupercales en l’honneur de Lupercus, Faunus, Pan (trois noms pour un même dieu).

La cérémonie débutait au pied du mont Palatin, dans  la grotte Lupercal, où la légende dit, que Rémus et Romulus furent nourris par la louve.

Afin de s’assurer  de la bienveillance du dieu pastoral (de la  nature et de la fécondité) les Luperques (Luperges ou Lüperqües, les prêtres du dieu Pan célébrant les Lupercales, étaient  les plus anciens prêtres de Rome, ayant été institués par Evandre ou par Romulus, ils étaient divisés en deux collèges, celle des Fabiens et des Quintiliens Jules César en ajouta une troisième qu’il nomma les Juliens…[1]) sacrifiaient au dieu Lupercus la virginité d’une jeune femme. Elle s’introduisait ou on lui introduisait le membre viril de la statue de Lupecus Faunus dans le vagin. La jeune fille était supposée recevoir ce simulacre de phallus en restant immobile, tout durant l’intromission et ce  jusqu’à  la fin du sacrifice.

Puis, le temps fort de la cérémonie consistait à l’oblation d’animaux : chèvres, boucs et chiens sont immolés par les prêtres en l’honneur du dieu et ensuite deux jeunes patriciens vêtus d’un pagne en peau de bouc sont emmenés devant l’autel, le prête sacrificateur  frôlait leur front avec le couteau du sacrifice  ensanglanté (peut-être un simulacre de sacrifice, en souvenir d'un véritable sacrifice humain   jadis pratiqué lors de cette cérémonie.), puis essuyait le sang  d’un flocon de laine imbibé de lait symbolisant la renaissance : « Afin de manifester leur bonheur d'accéder ainsi à une vie nouvelle, les deux jeunes gens surmontaient leur émotion et éclataient de rire. L'éclat de rire des jeunes "sacrifiés" exprimait la joie de la renaissance. »

Alors la  grande fête à la fertilité pouvait commencer.  La population l’attendait avec fébrilité et impatience, car chacun souhaitait que le vœu qu’il nourrissait dans son cœur se réalise  grâce aux pouvoirs de ce dieu.

Des lanières étaient découpées de la peau des chèvres immolées et les prêtes nus parcouraient la ville en frappant avec leurs lanières toutes personnes rencontrées, notamment les femmes enceintes, les femmes stériles qui venaient au devant des Luperques, pensant que cette cérémonie les rendrait féconde « Les Romaines sans enfant se plaçaient sur le parcours des Luperques en tendant leurs mains ou en retroussant leurs robes jusqu'en haut des cuisses pour recevoir les coups qui mettront un terme à leur stérilité. Quant aux jeunes mères, elles étaient également fouettées dans le but de faciliter leurs montées de lait » La course des Luperques se terminait par un festin où la boisson aidant, aboutissait à ce que le banquet finisse en bacchanale.

vin

A propos des flagellations, nous retrouvons une survivance de cette pratique en Amérique du sud, au Venezuela, en République Dominicaine [carnaval de Montécristi] entre autres, où lors de leur carnaval nous pouvons voir des carnavaliers se fouetter.

Concernant  les lupercales, c’est  la version policée qui nous est donnée à lire sur la plupart des sites traitant de ce sujet, en soustrayant la partie consacrée à la jeune fille  se dépucelant sur le membre viril d’une statue représentant le dieu  Faunus Lupercus.

A n’en pas douter, les lupercales n’étaient pas la fête bonne enfant que les auteurs donnent à voir.

Evariste Zephyrin



[1] Jacques-Paul Migne : Dictionnaire universel de mythologie







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