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Bons baisers de Téhéran

jour de la saint valentin en Iran

Pour Armin, un étudiant de 22 ans, c’est la première année qu’il décide de faire un cadeau de Saint-Valentin. «Du chocolat, un film qu’il cherche depuis plus de trois ans et, probablement, un beau porte-clé», réfléchit-il à haute voix devant nous.

«Je n’achète pas de cadeaux dispendieux… seulement des choses qui, je pense, lui feront plaisir.» Tout en nous confiant ses plans, Armin fait remarquer: «Le problème, c’est qu’il y a une foule incroyable. Je ne sais pas comment je vais faire!»

Mohamad, 22 ans, étudie à l’Université Azad de Téhéran, il raconte qu’il va probablement emmener sa petite amie dans un restaurant ou un salon de thé cette année. Il ajoute qu’il y a quelques années, la Saint-Valentin n’existait pas en Iran. «C’est apparu soudainement. Je ne sais pas vraiment comment, mais personne, avant, ne savait que cette fête existait.»

Pour Mohamad «Reza», 21 ans, la journée est une occasion pour profiter de petits bonheurs. «En particulier, pour un pays comme le nôtre, les jeunes ont vraiment besoin de cette fête pour s’amuser un peu et transformer ces moments de joie en souvenirs.»

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De nombreux jeunes Iraniens se trouvent chanceux de faire partie d’une génération qui voit un assouplissement des contraintes sociales. Les changements, bien que graduels, ont reçu un élan après que le réformiste Mohammad Khatami a été élu président lors des élections de 1997.

Les réformes ont permis aux jeunes hommes et aux jeunes femmes d’avoir davantage le droit d’être ensemble sans être autant dérangés par la «police morale» qu’auparavant; les femmes ont remarqué qu’elles pouvaient tirer leur voile plus en arrière sur leurs cheveux et porter des robes islamiques plus courtes et plus colorées – un élément vestimentaire qui reste cependant obligatoire pour toutes leurs sorties en public.

Hors du centre commercial, des drapeaux et des affiches qui ont été laissés là depuis les commémorations du 28e anniversaire de la révolution islamique – une semaine auparavant – rappellent que la fête occidentale est célébrée dans un pays dont le gouvernement ne cesse de critiquer l’Occident depuis qu’il est au pouvoir.

la saint valentin en Iran

Mais pour Ghazale, 19 ans, le fait que la Saint-Valentin soit une importation occidentale ne pose pas problème: «Je ne crois pas aux frontières qui séparent différentes parties du monde. Une bonne tradition peut devenir universelle», dit-elle.

La jeune femme ne partage pas le sentiment anti-occidental du gouvernement iranien et espère que les relations avec l’Occident s’amélioreront.

source
21-02-2007






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